
Ombres secrètes
Roman de mer, de mémoire et de mensonges
Par Sylvie AntiBourgeoise, connue sous le nom de Sylviane Avril
Écrivaine – Romancière – Scénariste – Réalisatrice
LittératureFrançaise – LittératureFeminine – CultureFrançaise – FemmesÉcrivaines – ScénaristeFrançaise
Enfants perdus, volés, enfants du chaos.
Entre les vagues agitées de l’Atlantique, là où se croisent Crozon et la Martinique, se dessine toute une fresque humaine, un tableau où le destin joue sa partition, parfois dissonante, souvent bouleversante. Nous sommes en 1965. Une année où les vérités éclatent comme des éclairs lors d’une tempête. D’un côté, une presqu’île ; de l’autre, deux îles qui se défient en silence. Pourtant, la mer, immense et mystérieuse, les unit comme une amante possessive, enveloppant tout dans son manteau d’eau et de secrets.
Sophie Laroque, qu’on surnomme SophieÀLaCreuse, marche sur un fil fragile, à la limite de sa propre vie. Elle est comme une funambule suspendue au-dessus d’un gouffre de mensonges d’État. Son identité ? Un puzzle que le temps tente désespérément de reconstituer. Des papiers falsifiés, des enfants échangés dans le secret des nuits étoilées, et des sociétés secrètes, dont l’ombre plane depuis la guerre, tout cela compose son histoire. Chaque page de ce roman choral est un écho, un cri étouffé, où les voix des personnages se répondent, formant un chœur chargé d’émotions et de tragédies.
La mer, silencieuse témoin de cette tragédie collective, voit les destins se croiser et se heurter comme les vagues contre les rochers. Elle murmure, à l’abri des regards, des secrets enfouis dans le sable mouvant du temps. Mais qui, dans cette pièce sombre, tire vraiment les ficelles ? Pourquoi tant de morts jalonnent ce parcours, tout ça autour d’un simple dossier d’état civil ?
Sophie, enfant du chaos de 1945, disparaît le 27 avril 1951, jour de ses six ans. Et puis, comme un phénix qui renaît de ses cendres, elle réapparaît sous un autre nom. Sa quête devient celle de tous : une recherche de vérité, un cri pour la justice, un voyage au cœur de l’âme humaine, où se cachent parfois les secrets les plus sombres. Chaque réponse soulève de nouvelles questions, chaque vérité dévoilée éclaire une obscurité plus profonde. Quel prix doit-on payer pour lever enfin le voile sur le mystère de son existence ?
« La vérité est rarement pure et jamais simple, » disait Oscar Wilde. Alors qu’un dernier coup de tonnerre résonne, Sophie se tient face à la mer, le regard fixé vers un horizon que, seule, elle semble capable de comprendre. Prête à affronter l’ultime révélation, celle qui pourrait tout bouleverser.
Ombres secrètes
Roman de mer, de mémoire et de mensonges
Par Sylvie AntiBourgeoise, connue sous le nom de Sylviane Avril
Écrivaine – Romancière – Scénariste – Réalisatrice
LittératureFrançaise – LittératureFeminine – CultureFrançaise – FemmesÉcrivaines – ScénaristeFrançaise
Enfants perdus, volés, enfants du chaos.
Entre les vagues agitées de l’Atlantique, là où se croisent Crozon et la Martinique, se dessine toute une fresque humaine, un tableau où le destin joue sa partition, parfois dissonante, souvent bouleversante. Nous sommes en 1965. Une année où les vérités éclatent comme des éclairs lors d’une tempête. D’un côté, une presqu’île ; de l’autre, deux îles qui se défient en silence. Pourtant, la mer, immense et mystérieuse, les unit comme une amante possessive, enveloppant tout dans son manteau d’eau et de secrets.
Sophie Laroque, qu’on surnomme SophieÀLaCreuse, marche sur un fil fragile, à la limite de sa propre vie. Elle est comme une funambule suspendue au-dessus d’un gouffre de mensonges d’État. Son identité ? Un puzzle que le temps tente désespérément de reconstituer. Des papiers falsifiés, des enfants échangés dans le secret des nuits étoilées, et des sociétés secrètes, dont l’ombre plane depuis la guerre, tout cela compose son histoire. Chaque page de ce roman choral est un écho, un cri étouffé, où les voix des personnages se répondent, formant un chœur chargé d’émotions et de tragédies.
La mer, silencieuse témoin de cette tragédie collective, voit les destins se croiser et se heurter comme les vagues contre les rochers. Elle murmure, à l’abri des regards, des secrets enfouis dans le sable mouvant du temps. Mais qui, dans cette pièce sombre, tire vraiment les ficelles ? Pourquoi tant de morts jalonnent ce parcours, tout ça autour d’un simple dossier d’état civil ?
Sophie, enfant du chaos de 1945, disparaît le 27 avril 1951, jour où elle a six ans. Et puis, comme un phénix qui renaît de ses cendres, elle réapparaît sous un autre nom. Sa quête devient celle de tous : une recherche de vérité, un cri pour la justice, un voyage au cœur de l’âme humaine, où se cachent parfois les secrets les plus sombres. Chaque réponse soulève de nouvelles questions, chaque vérité dévoilée éclaire une obscurité plus profonde. Quel prix doit-on payer pour lever enfin le voile sur le mystère de son existence ?
« La vérité est rarement pure et jamais simple, » disait Oscar Wilde. Alors qu’un dernier coup de tonnerre résonne, Sophie se tient face à la mer, le regard fixé vers un horizon que, seule, elle semble capable de comprendre. Prête à affronter l’ultime révélation, celle qui pourrait tout bouleverser.
Ombres secrètes
Roman de mer, de mémoire et de mensonges
Par Sylvie AntiBourgeoise, connue sous le nom de Sylviane Avril
Écrivaine – Romancière – Scénariste – Réalisatrice
LittératureFrançaise – LittératureFeminine – CultureFrançaise – FemmesÉcrivaines – ScénaristeFrançaise
Enfants perdus, volés, enfants du chaos.
Prologue
Un vent furieux s’abat sur la falaise, comme un artiste fou qui joue avec ses pinceaux invisibles, dessinant la roche avec une colère déchaînée. Plus bas, la mer, silencieuse et mystérieuse, roule ses secrets dans un murmure éternel, dissimulant ses mystères dans ses vagues indomptables. La plage de Goulien s’étale devant nous, vaste, sauvage, un désert de sable où le temps semble suspendu.
Sophie se tient là, le sable humide glissant entre ses doigts. Son regard s’évade vers l’horizon, comme si elle voulait percer l’invisible. À côté, Olivier, son mari, l’homme qu’elle chérit, lui serre doucement la main. Deux petits caniches, Ding et Dong, vêtus de costumes criards, jappent joyeusement, apportant une touche d’innocence dans cette atmosphère lourde. Leurs aboiements résonnent comme des éclats de rire, mais Sophie ne les entend pas vraiment. Son esprit s’accroche à un dialogue silencieux avec l’univers.
« Pourquoi la mer cache-t-elle tout en son sein ? » se demande-t-elle, emportée par le fracas des vagues qui s’écrasent contre la roche. Est-ce parce qu’elle reflète nos peurs, nos espoirs ? Peut-être que là, dans ces abysses sans fond, se cachent des vérités que l’on redoute d’affronter, où le jour et la nuit se confondent dans un silence pesant.
La courbe de Kerloc’h rejoint celle de Goulien, comme si ces deux plages formaient une seule entité, un chemin tracé par nos ancêtres pour les générations futures. Un lieu peu fréquenté, grand et sauvage, un sanctuaire pour ceux qui osent prêter l’oreille au chant des vagues et aux murmures du vent.
Dans un vieux cabanon, à l’abri des regards, une enveloppe blanche repose sur une table rouillée par le temps. Le sceau doré, faiblement illuminé par une lumière tamisée, semble attendre. Sur le papier, une seule phrase : un écho venu d’un siècle passé ou d’un avenir incertain. Un nom : Étienne Kraozon, 27 avril 1848. Quelqu’un, dans l’ombre, surveille cette scène, accentuant la tension qui pèse déjà dans l’air chargé de mystère.
Sophie ferme les yeux, le poids de l’instant appuyé contre sa poitrine. Tout commence ici, sur cette plage où le monde semble se dissoudre dans l’éternité. Inévitablement, tout finira là où la mer rejoint la nuit, dans un dernier baiser de lumière.
Ombres secrètes
Roman de mer, de mémoire et de mensonges
Par Sylvie AntiBourgeoise, connue sous le nom de Sylviane Avril
Écrivaine – Romancière – Scénariste – Réalisatrice
LittératureFrançaise – LittératureFeminine – CultureFrançaise – FemmesÉcrivaines – ScénaristeFrançaise
Enfants perdus, volés, enfants du chaos.

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Par Sylvie AntiBourgeoise, connue sous le nom de Sylviane Avril
Écrivaine – Romancière – Scénariste – Réalisatrice
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Enfants perdus, volés, enfants du chaos.
Chapitre 1 — Les Ombres du passé
Le vent venu de la mer souffle sur la terrasse. On entend les vagues au loin. Sophie pose le dossier sur la table. Jacques arrive du chemin qui descend vers le port de Morgat.
Jacques :
Tu m’as appelé trois fois. Qu’est-ce qui se passe ?
Sophie :
Assieds-toi.
Jacques :
Quand tu prends ce ton-là, c’est rarement pour parler de la météo.
(Il s’assied. Sophie fait glisser le dossier vers lui.)
Jacques :
Qu’est-ce que c’est ?
Sophie :
Un dossier trouvé dans des archives.
(Jacques regarde la couverture sans l’ouvrir.)
Jacques :
Et ?
Sophie :
Lis la première page.
(Jacques ouvre. Son visage se ferme.)
Jacques :
Où as-tu trouvé ça ?
Sophie :
Réponds à ma question.
Jacques :
Sophie…
Sophie :
Nom de l’enfant : Divine de Beauregard.
Projet : Lys d’Or.
Enlèvement programmé.
(Silence.)
Sophie :
Tu savais ?
(Jacques ne répond pas.)
Sophie :
Jacques.
Jacques :
Oui.
Sophie :
Depuis combien de temps ?
Jacques :
Longtemps.
Sophie :
Et tu ne m’as rien dit.
Jacques :
Je n’avais aucune preuve.
Sophie :
Maintenant il y en a une.
(Elle tapote le dossier.)
Jacques :
Tu l’as lu en entier ?
Sophie :
Oui.
Jacques :
Alors tu sais.
Sophie :
Je sais ce qui est écrit. Pas ce qui est vrai.
Jacques :
La plupart du temps… c’est la même chose.
Sophie :
Pas pour moi.
(Un bateau passe dans le port. Le moteur résonne.)
Sophie :
Olivier m’a expliqué une partie.
Jacques :
Olivier parle trop.
Sophie :
Non. Il parle quand il faut.
Jacques :
Et qu’est-ce qu’il t’a dit ?
Sophie :
Que j’ai été enlevée pour remplacer une enfant morte.
(Jacques fixe la mer.)
Sophie :
Regarde-moi.
(Il tourne la tête.)
Sophie :
Est-ce vrai ?
(Long silence.)
Jacques :
Oui.
(Sophie respire profondément.)
Sophie :
Donc je ne suis pas celle que je crois.
Jacques :
Tu es ma sœur.
Sophie :
C’est tout ce que tu trouves à dire ?
Jacques :
C’est l’essentiel.
Sophie :
Pour toi peut-être.
Jacques :
Pour moi, ça suffit.
(Sophie marche quelques pas vers la balustrade. La mer est grise.)
Sophie :
Tu m’appelles toujours la bourgeoise de Morgat.
Jacques :
Parce que ça t’agace.
Sophie :
Et pendant ce temps tu gardais ça pour toi.
Jacques :
Je ne voulais pas détruire ta vie.
Sophie :
Trop tard.
(Elle revient vers la table.)
Sophie :
Dans le dossier ils parlent de mes capacités. De surdouance.
Jacques :
Oui.
Sophie :
Et ils disent que c’est pour ça qu’ils m’ont choisie.
Jacques :
C’est possible.
Sophie :
Possible ? Tu trouves ça normal ?
Jacques :
Rien de tout ça n’est normal.
Sophie :
Alors pourquoi ?
Jacques :
La guerre produit des idées étranges.
Sophie :
Pas assez pour enlever des enfants.
Jacques :
Apparemment si.
(Sophie ferme le dossier.)
Sophie :
Tu pleures encore cette histoire.
(Jacques baisse les yeux.)
Jacques :
Oui.
Sophie :
Pourquoi ?
Jacques :
Parce que quelqu’un, quelque part, a perdu une fille… pour que je garde une sœur.
(Silence.)
Le vent se lève sur la baie de Morgat.
Sophie :
Alors on va trouver la vérité.
Jacques :
Tu es sûre de vouloir ouvrir cette porte ?
Sophie :
Oui.
Jacques :
Pourquoi ?
Sophie :
Parce que c’est ma vie.
(Sophie reprend le dossier.)
Sophie :
Et maintenant… je veux savoir à qui elle appartenait avant moi.
Chapitre — Quimper
La pluie tombe sur les pavés de Quimper. Sophie sort du bâtiment des archives départementales avec un dossier serré contre elle. Jacques l’attend sous l’auvent, les mains dans les poches.
Jacques :
Alors ? Tu as trouvé ton trésor ?
Sophie :
Pas un trésor. Des réponses.
Jacques :
Tu dis ça à chaque fois.
Sophie :
Cette fois c’est différent.
(Sophie lui tend le dossier.)
Jacques :
Encore des papiers jaunis ?
Tu passes trop de temps dans ces archives, Sophie.
Sophie :
Lis.
(Jacques feuillette rapidement.)
Jacques :
Projet… Lys d’Or…
Tu vois, c’est exactement ce que je disais.
Sophie :
Quoi ?
Jacques :
Des histoires. Des gens adorent inventer des complots après la guerre.
Sophie :
Ce n’est pas inventé.
Jacques :
Bien sûr que si.
(Sophie le regarde fixement.)
Sophie :
Tu ne me crois pas.
Jacques :
Sophie… tu es avocate à Neuilly.
Tu débarques ici avec un dossier secret et tu me dis que tout notre passé est faux.
Sophie :
Parce qu’il l’est peut-être.
Jacques :
Non.
Tu te comportes encore comme la peste de Neuilly qui croit tout comprendre.
(Silence.)
Sophie :
Tu penses vraiment ça de moi ?
Jacques :
Je pense que tu vois des mystères partout.
Sophie :
Alors écoute.
(Elle ouvre le dossier.)
Sophie :
Des enfants ont été déplacés après la guerre.
Certains pour des raisons politiques. D’autres pour des programmes scientifiques.
Jacques :
Tu vois ? Ça commence comme un roman.
Sophie :
Il y a des lettres d’un docteur Helmer.
Il parle de sélection d’enfants. De capacités intellectuelles.
(Jacques soupire.)
Jacques :
Et évidemment… tu serais l’une d’entre eux.
Sophie :
Oui.
Jacques :
Sophie…
Sophie :
Écoute-moi jusqu’au bout.
(Jacques lève les yeux au ciel.)
Sophie :
Il y a aussi un lieu cité plusieurs fois.
Jacques :
Lequel ?
Sophie :
Crozon.
(Jacques se fige.)
Jacques :
C’est n’importe quoi.
Sophie :
Pourquoi ?
Jacques :
Parce que nous avons grandi ici.
Il n’y a rien de mystérieux à Crozon.
Sophie :
Tu en es sûr ?
Jacques :
Oui.
(Sophie ferme doucement le dossier.)
Sophie :
Très bien.
(Jacques commence à partir.)
Sophie :
Jacques.
(Il se retourne.)
Sophie enlève lentement sa perruque. Ses cheveux courts apparaissent.
Jacques la regarde, surpris.
Jacques :
Pourquoi tu fais ça ?
Sophie :
Parce que je veux que tu me regardes vraiment.
(Il s’approche.)
Jacques :
Sophie…
Sophie :
Jacques… je suis ta sœur jumelle.
(Jacques reste immobile.)
Jacques :
Évidemment que tu es ma sœur.
Sophie :
Non. Pas comme tu le crois.
(Un long silence.)
Jacques la fixe soudain différemment, comme s’il voyait un détail oublié.
Jacques :
Attends…
(Il murmure.)
Jacques :
Ce regard…
(Sa voix se brise.)
Jacques :
Tu…
Tu n’es pas…
(Il secoue la tête.)
Jacques :
Tu n’es pas la peste de Neuilly.
(Sophie ne dit rien.)
Jacques comprend soudain.
Jacques :
Mon Dieu…
(Il la prend dans ses bras.)
Jacques :
C’est toi.
(Sophie éclate en sanglots.)
Sophie :
Oui.
Ils restent serrés l’un contre l’autre sous la pluie.
Puis un bruit sourd résonne dans l’escalier des archives.
Quelqu’un frappe violemment à la porte.
Les deux se séparent.
Jacques :
Tu attendais quelqu’un ?
Sophie :
Non.
Un second coup retentit.
Plus fort.
Jacques regarde la porte.
Jacques :
Je crois que quelqu’un veut ce dossier.
(Silence.)
La poignée commence à bouger.
Sophie serre le dossier contre elle.
L’histoire ne fait que commencer.
La pluie s’est arrêtée mais les rues de Quimper brillent encore sous les lampadaires. La porte des archives claque derrière Sophie et Jacques.
Jacques :
Cours !
Ils dévalent la rue pavée. Des pas résonnent derrière eux.
Sophie :
Ils nous suivent ?
Jacques :
Je crois bien !
Ils tournent brutalement vers les quais de Odet.
Sophie (haletante) :
Jacques… écoute-moi.
Jacques :
Pas maintenant !
Sophie :
Si, maintenant ! Tu te souviens… quand nous étions enfants ?
Jacques :
On parlera de ça après !
Sophie :
Non. Les plages de Sainte-Anne. En Martinique.
Jacques ralentit une seconde, surpris.
Jacques :
Quoi ?
Sophie :
Nous étions des pauvres mendiants.
Jetés sur la plage chez Jeanne et Athanase Lecul… avec onze autres enfants.
Ils reprennent leur course.
Jacques :
Oui…
Sophie :
Une cabane en planches.
Un pot de chambre pour tous.
On se lavait dans la mer.
Jacques :
Et les averses tropicales qui traversaient le toit.
Sophie :
Tu te souviens !
Jacques (essoufflé) :
Bien sûr que je m’en souviens.
Ils traversent une rue. Une voiture freine brutalement.
Automobiliste :
Putain ! Vous êtes fous !
Ils continuent de courir.
Jacques :
Et toi… tu chantais tout le temps.
Sophie :
Quoi ?
Jacques :
Frère Jacques… Frère Jacques…
Malgré la course, Sophie rit brièvement.
Jacques :
Ding, dong… ding, dong…
Il reprend son souffle.
Jacques :
Tiens… c’est sûrement de là que viennent les prénoms de tes sales clebs costumés.
Sophie :
Mes caniches sont très élégants !
Jacques :
Ridicules, oui !
Ils s’arrêtent un instant derrière un muret pour reprendre leur souffle.
Jacques pose les mains sur ses genoux.
Jacques :
Tu sais… la nuit… j’hurle ton nom dans mes cauchemars.
Sophie le regarde.
Sophie :
Moi aussi.
Un cri surgit derrière eux.
Voix :
Hé ! Arrêtez !
Ils se retournent.
Un homme court vers eux.
Jacques :
Merde… ils nous ont retrouvés.
Voix :
Arrêtez, putain !
La silhouette arrive sous la lumière.
Sophie :
Attends…
L’homme s’arrête devant eux, essoufflé.
L’homme :
Mais qu’est-ce qui vous arrive ?
Jacques cligne des yeux.
Jacques :
Louis ?
C’est bien Louis de Monclair.
Louis :
Oui, Louis !
Pourquoi vous courez comme des fous ?
Sophie serre le dossier contre elle.
Sophie :
Parce que quelqu’un veut ça.
Louis regarde la chemise.
Louis :
Qu’est-ce que c’est ?
Jacques :
La vérité.
Sophie ouvre le dossier.
Les pages tremblent dans ses mains.
Sophie :
Regardez.
Louis lit quelques lignes.
Louis :
Attendez…
Ce nom…
Il tourne les pages rapidement.
Louis :
Les parents ne s’appellent pas Lecul.
Jacques :
Quoi ?
Louis :
Ils portent un titre.
Il lit à voix haute.
Louis :
François de Monclair…
et Hélène Keraudren.
Le silence tombe.
Sophie :
Nos parents.
Louis :
Ton père était officier formé à École spéciale militaire de Saint-Cyr.
Jacques fixe le sol.
Jacques :
Et Hélène ?
Louis :
Résistante.
Sophie tourne la page suivante.
Elle s’arrête.
Sophie :
Page quarante-cinq…
Après ça, plus rien.
Louis :
Qu’est-ce qu’il y a écrit ?
Sophie :
Naissances à domicile.
Actes de décès illisibles.
Elle relève les yeux.
Sophie :
Et leurs morts.
Jacques :
Comment ?
Sophie :
Assassinés.
Louis :
Où ?
Sophie murmure :
Sophie :
À l’anse Trabaut… pendant un pique-nique.
Le vent traverse les arbres.
Jacques serre les poings.
Jacques :
Pourquoi ?
Sophie :
Regarde la date.
Louis lit.
Son visage pâlit.
Louis :
Juste après Affaire des 16 de Basse-Pointe.
Personne ne parle pendant quelques secondes.
Puis Sophie referme le dossier.
Sophie :
Et maintenant il y a une autre question.
Jacques :
Laquelle ?
Sophie :
Sylviane.
Jacques se fige.
Jacques :
Ma femme ?
Sophie :
Oui.
Ta secrétaire juridique.
Jacques :
Qu’est-ce qu’elle a à voir là-dedans ?
Sophie :
Elle enquête.
Louis :
Sur vous ?
Sophie :
Sur tout.
Elle pose une main sur le dossier.
Sophie :
Et elle a peur pour l’enfant qu’elle porte.
Le vent souffle dans les pins au-dessus de la rivière.
Jacques murmure :
Jacques :
Alors quelqu’un veut enterrer cette histoire.
Sophie regarde la rue sombre.
Sophie :
Oui.
Elle ajoute doucement :
Sophie :
Comme d’autres histoires.
Comme celles des enfants déplacés après la guerre…
ou plus tard des enfants envoyés loin de leur île, sous les décisions de Michel Debré.
Jacques relève la tête.
Jacques :
Tu penses que c’est le même mécanisme ?
Sophie :
Je pense que l’État sait très bien déplacer des enfants quand ça l’arrange.
Un bruit de pas résonne de nouveau dans la rue.
Les trois se regardent.
Louis :
On ne devrait pas rester ici.
Jacques :
Non.
Sophie serre le dossier contre elle.
Sophie :
Parce que quelqu’un…
veut absolument que la page quarante-cinq reste la dernière.
Chapitre 4 — L’épave engloutie
L’aube se lève à peine sur la baie de Morgat. La mer est calme, presque trop calme.
Sophie serre la fermeture de sa combinaison. À côté d’elle, Olivier Le Goff-Chevalier vérifie le détendeur avec des gestes appliqués.
Ils n’ont que vingt ans.
Et une fille.
Anaïs.
Olivier s’arrête un instant et regarde Sophie.
Olivier :
Tu te rends compte… si quelqu’un m’avait dit il y a deux ans que je serais là…
Sophie sourit légèrement.
Sophie :
Face à une épave du XVIIIᵉ siècle ?
Olivier :
Non.
Marié. Père. Et en train de plonger avec toi au lever du soleil.
Sophie s’assoit sur le bord du bateau.
Sophie :
Moi non plus je ne l’aurais pas cru.
Jacques surveille l’horizon.
Jacques de Monclair s’impatiente.
Jacques :
Vous pourrez faire ça plus tard ?
Olivier sourit.
Olivier :
Tu veux vraiment connaître l’histoire ?
Jacques :
Non.
Sophie :
Tant pis.
Elle regarde la mer.
Sophie :
Je fuyais Neuilly-sur-Seine.
Jacques lève les yeux.
Jacques :
Encore cette histoire…
Sophie :
Oui.
Le jour de ma fugue.
Elle se tourne vers Olivier.
Sophie :
Je me suis trompée de direction.
Olivier :
Complètement.
Sophie :
Et je suis arrivée devant École spéciale militaire de Saint-Cyr.
Jacques siffle doucement.
Jacques :
Évidemment.
Olivier éclate de rire.
Olivier :
Et moi je sortais justement du portail.
Jacques :
Tu étais élève là-bas ?
Olivier secoue la tête.
Olivier :
Plus pour longtemps.
Sophie :
Il venait de jeter son uniforme.
Jacques fronce les sourcils.
Jacques :
Comment ça ?
Olivier :
Je n’étais pas fait pour ça.
Il hausse les épaules.
Olivier :
L’armée, les ordres, les cérémonies… ce n’était pas ma vie.
Sophie :
Il avait l’air complètement perdu.
Olivier :
Et elle aussi.
Ils échangent un regard complice.
Olivier :
On a marché toute la nuit.
Jacques :
Et ?
Sophie répond simplement :
Sophie :
Et on s’est aimés.
Olivier ajoute doucement :
Olivier :
Nous n’avions jamais embrassé personne.
Jacques :
Vous êtes sérieux ?
Sophie :
Oui.
Olivier :
Ni elle. Ni moi.
Il regarde la mer.
Olivier :
Et cette nuit-là… Anaïs a commencé à exister.
Un silence doux s’installe.
Jacques finit par sourire.
Jacques :
Vous êtes complètement fous.
Olivier :
Probablement.
Il ajuste son masque.
Jacques :
Et tes parents ?
Olivier devient soudain plus fermé.
Olivier :
Je n’ai plus de contact avec eux.
Jacques :
Pourquoi ?
Olivier :
Parce que je suis parti.
Sophie :
Sans prévenir.
Olivier regarde l’horizon.
Olivier :
Ils vivent sur Île de Groix.
Jacques :
Et tu ne leur as jamais parlé d’Anaïs ?
Olivier :
Non.
Sophie pose une main sur son bras.
Sophie :
Un jour peut-être.
Jacques coupe court.
Jacques :
Bon.
On plonge ou on raconte toute votre vie ?
Olivier bascule son masque sur son visage.
Olivier :
On plonge.
Ils sautent dans l’eau.
La mer referme son silence sur eux.
Ils descendent lentement.
Puis l’épave apparaît.
Un navire ancien couché sur le sable.
Sophie éclaire la proue.
Un symbole gravé dans le bois.
Un lys.
Olivier gratte une plaque de métal.
Les lettres apparaissent sous les coquillages.
La Sainte-Anne
Année : 1709.
Capitaine : Louis de Beauregard.
Sophie sent son cœur accélérer.
Elle éclaire l’intérieur de la coque.
Une statue repose sur le sable.
Une femme tenant un enfant.
Mais au moment où elle s’approche…
une lumière surgit dans l’épave.
Une autre lampe.
Quelqu’un est déjà là.
Dans la carcasse du navire.
Et cette personne vient de les voir.
Chapitre 5 — Le plongeur
L’eau est froide autour de l’épave de La Sainte-Anne, au large de Morgat.
Sophie éclaire la coque brisée.
La lumière de sa lampe rencontre soudain celle d’un autre plongeur.
L’homme se retourne.
Pendant une seconde, personne ne bouge.
Puis le plongeur retire son masque.
Sophie sent son cœur s’arrêter.
Sophie (dans son détendeur) :
Loïc…
L’homme devant eux est Loïc de Beauregard.
Olivier se rapproche.
Olivier Le Goff-Chevalier ne comprend pas encore.
Jacques, resté sur le bateau au-dessus, ignore tout de la scène.
Sophie regarde Loïc droit dans les yeux.
Même sous l’eau, elle reconnaît ce regard.
Le regard d’un homme qui possédait autrefois un grand voilier.
Un douze mètres élégant.
Les Caraïbes.
Le souvenir surgit brutalement.
Souvenir
Une plage blanche de Sainte-Anne.
Le soleil.
Un pique-nique dressé sur une nappe.
Sophie et Jacques, maigres et mal habillés, regardent de loin.
Divine s’approche timidement.
Divine de Beauregard, la fille de Loïc.
Sa mère surgit derrière elle.
Roselyne de Beauregard.
Roselyne :
Divine !
Ne la regarde pas.
Elle désigne Sophie.
Roselyne :
Ne t’inquiète pas.
Les miséreux envient toujours les gens fortunés.
Sophie baisse les yeux.
Roselyne ajoute froidement :
Roselyne :
Ils vivent de miettes.
Divine regarde la nappe.
Puis Sophie.
Divine :
Alors… donne-lui quelques miettes.
Un garçon surgit derrière elle.
Son frère jumeau.
Pol de Beauregard.
Il regarde la scène.
Puis la nappe.
Puis la mer.
Et soudain il attrape le panier.
Pol :
Si vous ne partagez pas…
Il lève le panier.
Pol :
Je jette tout dans l’eau.
Le silence tombe.
Retour sous l’eau
Sophie fixe Loïc.
Ses yeux disent une chose simple.
Il sait.
Loïc montre l’intérieur de l’épave.
Un coffre métallique coincé dans la cale.
Olivier regarde Sophie.
Elle hésite.
Puis elle nage vers le coffre.
Quand elle l’ouvre, un cylindre étanche apparaît.
À l’intérieur : une pellicule.
Chapitre 6 — Le film interdit
La nuit suivante.
Une petite salle de projection improvisée dans une vieille maison de pêcheurs de Crozon.
Le projecteur 16 mm vrombit doucement.
Louis ajuste la bobine.
Louis Moreau se tourne vers les autres.
Louis :
Prêts ?
Jacques s’assoit.
Sophie serre la main d’Olivier.
La pellicule démarre.
Des images tremblées apparaissent.
Une plage de Sainte-Anne.
Puis une femme.
Elle porte un bébé.
Sophie se redresse brusquement.
Sophie :
Attends…
La femme se tourne vers la caméra.
Le silence envahit la pièce.
Elle ressemble trait pour trait à Sophie.
Mais ses vêtements datent d’une autre époque.
Années cinquante.
Olivier murmure :
Olivier :
C’est impossible…
La caméra tremble.
La femme serre l’enfant contre elle.
Puis elle regarde directement l’objectif.
Comme si elle voyait les spectateurs.
La pellicule saute.
L’image change.
L’océan.
Un plan fixe.
Puis un cri.
Un cri d’enfant.
Sophie sursaute.
Le film s’arrête.
Sur l’écran blanc apparaît un carton.
FIN
Personne ne parle.
Jacques finit par murmurer :
Jacques :
Qui a filmé ça ?
Louis se penche vers la bobine.
Un nom est écrit sur la boîte.
Il lit lentement.
Louis :
Réalisatrice…
Il relève les yeux.
Louis :
Sylvie Anti-Bourgeoise.
Le silence devient lourd.
Sophie murmure :
Sophie :
Sylviane…
Jacques pâlit.
Parce que la date du film est écrite juste en dessous.
1945.
L’année de leur naissance.
Chapitre 7 — Les aveux de Loïc
La nuit enveloppe la maison de pêcheurs de Crozon.
La bobine du film repose encore sur la table.
Personne ne parle.
Puis la porte s’ouvre.
L’homme qui entre est trempé par l’air salin.
Loïc de Beauregard.
Jacques se lève brusquement.
Jacques de Monclair :
Alors c’est vrai…
Vous nous suiviez depuis le début.
Loïc pose lentement son manteau.
Loïc :
Non.
Il regarde Sophie.
Sophie de Monclair.
Loïc :
Je vous protège depuis le début.
Silence.
Sophie avance d’un pas.
Sophie :
Pourquoi cette ressemblance entre Divine et moi ?
Loïc respire profondément.
Loïc :
Parce que vous êtes cousines.
Un frisson traverse la pièce.
Jacques murmure :
Jacques :
Expliquez.
Loïc regarde la mer par la fenêtre.
Loïc :
Votre mère… Hélène Keraudren…
avait une sœur jumelle.
Sophie se fige.
Sophie :
Roselyne…
Roselyne de Beauregard.
Loïc hoche la tête.
Loïc :
Oui.
Il ajoute lentement :
Loïc :
Mais elles ne partageaient pas les mêmes valeurs.
Jacques croise les bras.
Jacques :
C’est le moins qu’on puisse dire.
Loïc poursuit :
Loïc :
Quand votre mère est entrée dans la Résistance, Roselyne a choisi une autre voie.
Sophie serre les poings.
Sophie :
Laquelle ?
Loïc se tourne vers un autre nom posé sur la table.
Yves Laroque.
Loïc :
Un magistrat.
Jacques fronce les sourcils.
Jacques :
Quel rapport ?
Loïc répond calmement.
Loïc :
C’est lui qui a signé le certificat de naissance de Divine.
Sophie comprend immédiatement.
Sophie :
Comme s’il s’agissait de sa propre fille.
Loïc :
Exactement.
Olivier relève la tête.
Olivier Le Goff-Chevalier :
Pourquoi faire ça ?
Loïc regarde Sophie.
Loïc :
Parce qu’il devait l’enlever.
Le silence devient glacial.
Jacques frappe la table.
Jacques :
Alors pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?
Loïc sourit tristement.
Loïc :
Parce que j’ai créé une diversion.
Sophie le fixe.
Sophie :
Le voilier…
Loïc :
Oui.
Les Caraïbes.
Jacques secoue la tête.
Jacques :
Vous transportiez des enfants ?
Loïc ne répond pas.
Le silence parle pour lui.
Jacques soupire.
Puis il murmure, fidèle à son ironie :
Jacques :
Donc ce n’était pas un voilier…
Il lève les yeux vers Loïc.
Jacques :
C’était un négrier.
Personne ne proteste.
Loïc baisse la tête.
Un cri vient de l’étage.
Tout le monde se tourne.
Sylviane Avril apparaît dans l’escalier.
Sylviane :
Ça commence !
Derrière elle, Chantal Moreau et Evelyne Moreau soutiennent une femme.
Sylviane
Elle grimace de douleur.
Marie :
Le bébé arrive…
Jacques reste figé.
Sophie lui tape l’épaule.
Sophie :
Alors maître de la rhétorique…
Elle sourit.
Sophie :
Tu comptes plaider… ou aider ?
Jacques relève ses manches.
Jacques :
Très bien.
Il respire profondément.
Jacques :
Mais je vous préviens.
Il regarde Loïc.
Jacques :
Votre histoire… on la termine après la naissance.
Loïc hoche la tête.
Dehors, la mer frappe doucement les falaises de Presqu'île de Crozon.
Une nouvelle vie s’apprête à naître.
Et avec elle, peut-être, la vérité.
Épilogue — FIN
La mer est calme devant Presqu'île de Crozon.
Comme si, enfin, les vagues acceptaient de déposer leurs secrets.
L’histoire commence bien avant la naissance des enfants.
Avant Jacques de Monclair et Justine de Monclair, celle que le monde appellera plus tard Sophie.
Leur père, François de Monclair, officier lucide et obstiné, avait commencé à suivre une piste inquiétante.
Un réseau discret, ancien, capable de déplacer des enfants comme des marchandises.
En remontant les fils, il finit par atteindre un nom.
Véronika Robert Laroque.
Il signala ses soupçons à l’armée.
Peu après la naissance des jumeaux, l’impensable se produisit.
Les deux nourrissons disparurent pendant leur transfert en réanimation.
Effacés.
Déplacés.
Transportés par bateau jusqu’en Martinique.
Là, loin des registres et des regards, on les abandonna comme des objets inutiles.
Mais le hasard — ou la bonté humaine — changea leur destin.
Deux mendiants au grand cœur les recueillirent.
Les enfants grandirent sur les plages de Sainte-Anne.
Ils portaient un nom dérisoire.
Lecul.
Ils mendiaient parfois.
Mais ils n’étaient pas seuls.
Ils avaient l’un l’autre.
Ils avaient aussi deux compagnons d’enfance :
Divine de Beauregard et Pol de Beauregard, enfants de Loïc de Beauregard et de Roselyne de Beauregard.
La vie aurait pu suivre ce cours fragile.
Mais le jour des six ans de Justine, tout bascula de nouveau.
Une voiture arriva.
Pol se souvient encore.
La femme.
Sa silhouette.
Sa voix.
Et surtout son parfum.
C’était Véronika Laroque.
Son propre enfant venait de mourir de tuberculose.
Elle voulait le remplacer.
La cible devait être Divine.
Mais elle se trompa.
Elle prit Justine.
Ce n’était pourtant pas la première erreur.
Car le premier enlèvement, celui des jumeaux à la naissance, reposait déjà sur une absurdité.
Sur l’acte d’état civil maternel figurait le nom du grand-père :
Robert Kermarrec de Craon.
Véronika Laroque ne retint qu’un fragment.
Robert de Craon.
Un nom chargé d’ombres.
Celui d’un ancien maître des Ordre du Temple.
Elle ne vit que cela.
Une obsession.
Une piste imaginaire.
Et cette confusion la conduisit jusqu’à un autre mot qui hantait son esprit :
Crozon.
Une déformation phonétique.
Une obsession stupide.
Une erreur.
Aussi simple.
Aussi tragique.
Les années passèrent.
Les enfants grandirent.
Les destins se croisèrent à nouveau.
Pour comprendre ce qui avait été brisé.
Pour reconstruire ce qui pouvait l’être.
Les familles apparurent enfin telles qu’elles étaient réellement :
Les enfants de Loïc et Roselyne de Beauregard
— Divine et Pol.
Les enfants Chevalier
— Olivier et Sylviane
Les enfants de Monclair: Jumeaux Jacques et Justine, la petite dernière Léonie.